» Editorial: prix ou valeurs?
Cet été, nous avons tous parlé de la crise de l’euro. Aujourd’hui, nous savons que nous avons effectivement à faire à une vigueur du franc suisse – et à une situation qui risque de perdurer pour l’économie suisse et le commerce de détail. Du point de vue du chef d’entreprise, ce n’est pas une sinécure. Mais, de la perspective de la CI CDS, qui se dédie à la défense des intérêts du commerce de détail dans le domaine politique, cette situation offre une véritable chance de libérer le marché domestique Suisse d’une gangue qui pousse les prix à la hausse.
Lors des discussions en cours au sujet de la Suisse comme îlot de cherté, il y a toutefois un facteur que l’on ne doit pas perdre de vue: les prix plus élevés reflètent aussi les salaires élevés, le niveau de qualité élevé de nos produits et de nos services ainsi que la grande prospérité qui règne en Suisse. Il est donc important de ne pas discuter exclusivement au sujet des prix, mais aussi au sujet des valeurs qui sont le fondement de notre économie et de notre société.
Bertrand Jungo, CEO Manor AG et
membre du comité de pilotage de la CI CDS
» Sujet de réflexion: que signifie le tourisme d'achat pour les régions frontalières?
» Sujet de réflexion: les facteurs de site suisses, un handicap pour les commerçants de détail des régions frontalières
Une concurrence loyale présuppose des préalables initiaux identiques pour les concurrents d’un même secteur. On oublie fréquemment que les commerçants de détail suisses sont exposés à la concurrence des entreprises des pays étrangers limitrophes. Outre les défis que représentent les différences de taux de change, il y a aussi de multiples facteurs de site qui constituent des handicaps pour les commerçants de détail suisses dans les régions frontalières. A titre d’exemple, il existe des différences substantielles en ce qui concerne les heures d’ouverture des magasins, les permis de construire pour les parkings, les salaires, la TVA (en raison de l’exonération jusqu’à concurrence de 300 CHF lors de l’importation de marchandises) et les droits de douane. La CI CDS exige des milieux politiques qu'ils prennent des mesures pour qu’à l'avenir aussi, le commerce de détail suisse dans les régions frontalières puisse continuer d’assumer ses missions de fournisseur et de pourvoyeur d’emplois.
Vers l'énumération des distorsions de la concurrence dans la région de Bâle
» Processus politique
Actuellement, nous observons avec beaucoup d’intérêt les travaux pour la révision de la loi sur les cartels à laquelle le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann s’est de nouveau attelé et nous attendons le rapport qui sera présenté à l’issue de la procédure de consultation concernant l’interdiction partielle des cartels avec les possibilités de justification.
La CI CDS ne considère pas la révision de la loi sur les cartels comme la mesure la plus urgente en ce qui concerne les ententes verticales. Dès aujourd’hui, l’autorité de la concurrence dispose de certains instruments lui permettant d’intervenir contre les entreprises qui imposent de façon injustifiée des prix plus élevés en Suisse. La CI considère comme beaucoup plus urgente une interprétation réaliste du pouvoir économique et du problème du must-in-stock – raison pour laquelle la CI CDS soutient une révision de la loi sur les cartels qui irait dans ce sens.
Pour que les instruments existants de la loi sur les cartels s’avèrent efficace, le commerce de détail escompte de la commission de la concurrence que, dans l’intérêt des consommateurs, du commerce et de l’industrie de transformation suisses, elle applique rapidement et avec détermination l’arsenal d’instruments existant. Ce n’est ainsi que l’on pourra contrebalancer efficacement les répercussions négatives du franc fort.
Pour la réponse à la consultation de la CI CDS: révision de la loi sur les cartels – Interdiction partielle des cartels avec possibilité de justification
Dossier du Conseil fédéral sur la révision de la loi sur les cartels: http://www.seco.admin.ch/themen/02860/04210/index.html?lang=fr